Au nom de Dieu,
Je voudrais tout d’abord saluer messieurs les professeurs et mes enfants les
étudiants à l’université de Cambridge. Je vous remercie pour cette
invitation à prendre la parole devant vous. Une invitation similaire m’était
parvenue, des mois auparavant, par l’Université d’Oxford et je me suis
adressé aux étudiants par vidéoconférence. C’est donc une bonne occasion de
m’entretenir avec vous également de la même manière.
Je suis heureux de constater l’intérêt que portent les étudiants et les
professeurs d’universités aussi prestigieuses qu’Oxford et Cambridge, aux
questions d’actualité et aux affaires internationales qui ont un impact sur
tout le monde indépendamment du lieu où l’on vit.
Il y’a des questions qui nous affectent de manière positive ou négative
quelle que soit la distance et sans considération de race, de religion, de
langue ou autre. Le monde se transforme, effectivement, en un petit village,
dont les habitants doivent s’organiser afin de pouvoir coexister en harmonie
et en paix, et de coopérer au lieu de se faire la guerre et risquer de
détruire leur village planétaire.
Un examen des galaxies révèle que le système solaire et infiniment petit par
rapport aux systèmes géants, et que seul l’homme habite cet univers trop
vaste.
De là on peut regretter que cette créature unique, qu’est l’homme, sur cette
petite planète par comparaison aux autres, n’arrive pas à vivre en paix et
harmonie et se fasse la guerre malgré le fait qu’ils représentent la seule
et unique race dans cet univers.
Ce sentiment de regret commence à se propager. Votre demande pour moi de
vous entretenir sur les questions de l’heure reflète effectivement cette
conscience du besoin de nous parler, de nous comprendre et de ne pas nous
exclure les uns les autres. La révolution dans les moyens de communication
et la rapidité avec laquelle circule l’information rapproche tout et lui
donne un impact certain.
En réponse à votre requête, je vais traiter de certaines questions
d’importance.
Tout d’abord, cette question très importante. Une conférence sur le
soi-disant problème de Darfour se tiendra, si Dieu le veut, à Syrte en
Libye… Je voudrais traiter de cette question qui s’est internationalisée et
est suivie de partout dans le monde.
De mon côté, j’ai un point de vue que je voudrais partager avec vous mes
frères professeurs et mes enfants étudiants, car vous êtes les leaders et
les ministres de demain et par conséquent les décideurs de vos pays. Il est
donc très important que vous soyez pleinement conscient.
La question de Darfour à mon avis est une question tribale en premier lieu.
Vous devez transmettre cette idée aux medias, à la presse, à l’opinion
publique internationale ainsi qu’à ceux qui participeront à la Conférence de
Syrte le 27 de ce mois. Vous allez sourire et vous serez choqués en même
temps si je vous dis que la cause de ce problème est une querelle autour
d’un dromadaire. Un problème qui s’est transformé en une question
internationale.
Il y a mille tribus en Afrique, qui se disputent les points d’eau et les
pâturages. Ces tribus se sont scindées en cinquante états, car chaque tribu
a été divisée en plusieurs états puis a voulu se reconstituer, ce qui a
provoqué d’interminables problèmes dont le Continent a souffert des
décennies Durant. La seule solution est le progrès, car une fois le
Continent sorti du primitivisme, le tribalisme disparaîtra… Et par
conséquent les conflits tribaux.
La faute que nous avons commise et que nous avons politisé ces problèmes
tribaux… Nous avons politisé la question du Darfour et nous l’avons
transformée d’une dispute entre personne pour un dromadaire, en une affaire
internationale… Tans de problèmes similaires se sont posés et ont été
résolus sans que l’on s’en aperçoive… Pourquoi avons-nous donc politisé la
question du Darfour?
Ce sont les grandes puissances et leurs visées sur le pétrole qui sont
derrière tous ces problèmes. C’est elles qui ont fait sortir cette affaire
de son cadre afin qu’elles puissent intervenir et mettre la main sur la
manne pétrolière.
Ce sont ces grands pays aux intérêts économiques dans la région et dans le
continent en général qui sont probablement les instigateurs des événements
au Darfour. C’est peut-être une interprétation que vous entendez pour la
première fois.
J’ai une assez bonne connaissance de l’Afrique, de ses tribus, ses problèmes
de frontières et ses pays pour y avoir beaucoup voyagé. Je suis le seul au
monde à avoir fait un périple de 20.000 kilomètres en Afrique. J’ai discuté
avec les fermiers dans les champs et avec les bergers dans les pâturages. Je
me suis entretenu avec les gens chez eux dans les villages et dans les
villes. J’ai même partagé leur repas et leur quotidien. J’ai toujours suivi
de près les affaires Africaines depuis l’époque de Sam Njuma, Jomo Kenyatta,
Gamal Abdel Nasser, Heilé Sélassie. Je suis le seul, parmi les dirigeants
africains actuels, à les avoirs tous côtoyés.
Des problèmes éclatent souvent entre les tribus africaines. Seulement, on ne
leur confère pas de dimensions politiques. Aujourd’hui, on a tendance à
exploiter ce genre de problèmes par la politisation, et c’est très grave. Il
faut éviter de politiser ce genre d’affaires.
L’affaire du Darfour n’est ni politique, ni sociale, ni même économique.
C’est un simple conflit entre tribus. Il s’agit d’un différend entre
communautés locales de bergers et agriculteurs, qui se disputent comme
partout ailleurs. Ce différend aurait pu être résolu par la médiation locale
ou tribale.
Ces tribus obéissent à des normes de moralité et à des us et coutumes. Elles
sont gouvernées par des sultans et des rois. Même si le Soudan est une
république, il y’a des tribus qui sont dirigées par des souverains, des
chefs et des leaders…
C’est notre système en Afrique. Un système tribal. Un régime social qui doit
être respecté.
Les sultans et les rois auraient pu résoudre les problèmes au Darfour si on
leur avait donné l’occasion. Mais l’intervention des forces politiques
locales et internationales a entravé l’action des forces sociales qui
auraient pu trouver une issue à un tel conflit.
Dès que le conflit du Darfour s’est internationalisé, l’assistance
internationale commence à affluer en faveur de gens pauvres et affamés. Il
est normal qu’ils aient l’impression que c’est grâce à
l’internationalisation du conflit dans leur région que l’aide commence à
leur parvenir. Par conséquent, ils veulent que ce problème perdure. L’aide
ne fait donc qu’attiser le feu du conflit. Les gens quittent leur village,
s’installent dans les camps et se proclament réfugiés fuyant la violence, la
guerre et autres menaces…La vérité toute simple est qu’ils veulent profiter
de l’aide…Pendant la journée, ils reçoivent, en tant que réfugiés, l’aide
des Nations Unies, des donateurs et des associations caritatives. Le soir,
ils retournent chez eux les bras pleins d’habits et de nourriture qu’ils ont
reçus dans ces mêmes camps qu’ils ont construits à cet effet justement.
Il est tout à fait normal que ces gens ne veuillent pas d’une solution au
conflit du Darfour. L’aide qu’ils reçoivent est tributaire de la continuité
du conflit dans cette région. C’est nous qui avons créé une telle situation.
Si nous nous étions abstenus d’intervenir, en fournissant l’aide d’urgence
et l’assistance humanitaire; si nous avions laissé aux gens du Darfour le
soin de résoudre leurs problèmes, il n’y aurait pas eu de camps, et par
conséquent nous n’aurions pas encouragé les gens à vouloir perpétuer le
conflit afin de recevoir l’aide.
En plus, on trouve parmi les chefs locaux des personnes totalement
inconnues: enseignants, fonctionnaires, avocats ou sous-officiers qui
s’adressent maintenant aux media internationaux au nom de leur tribu ou leur
mouvement. Ils commencent donc à gagner en renommée et en privilèges et
commencent aussi à développer un ego. Ils profitent personnellement d’une
telle situation. Certains sont nommés ministres, d’autres gouverneurs et
d’autres encore sont devenus parlementaires et prennent la parole devant les
media et dans les forums internationaux soi-disant pour défendre les
vulnérables, les marginalisés et les exploités. Cette stratification est
connue même s’il est difficile de définir ces catégories, qu’on trouve dans
le tiers-monde en général, et qui sont héritées de la colonisation.
Donc ce parfait inconnu élevé au rang de leader que l’on prie de négocier,
ne voudrait pas d’une solution. Toute solution équivaudrait à la perte de
son statut et de ses privilèges. Plus d’invitation pour prendre la parole
devant le Parlement Européen, le Congrès Américain ou aux chaînes de
télévision satellitaires. Il est normal qu’il veuille perpétuer le conflit
afin de préserver ces avantages purement matériels et superficiels.
C’est pour cela que je considère qu’un tel problème devrait être négligé,
non politisé et ne pas lui conférer une dimension internationale…Laissons-le
au niveau de la tribu.
Des tribus qui se chamaillent et qui se réconcilient…Des tribus qui ont des
sultans et des chefs qui règlent leurs problèmes… Ce n’est pas la première
fois que ces tribus entrent en conflit, sans que le monde le sache ou que
ces conflits prennent des dimensions internationales ou prennent des
tournures politiques.
Ça veut tout simplement dire que le problème au Darfour n’est pas, comme on
le prétend, une affaire de racisme entre hommes bleus et noirs, entre arabes
et Africains. Les Arabes sont aussi des Africains. Les arabes soudanais sont
également des Africains. Les grandes tribus sont connues comme les
Massalits, Rziqat, Al Four et ont ne peut distinguer entre leurs membres
arabes et non-arabes. Il y a un tel brassage entre eux. Ils sont musulmans
et embrassent la même doctrine Sunnite. Ils parlent tous la langue arabe et
connaissent les dialectes les uns des autres. Il n’y a donc pas de
différence entre des membres “bleus” et d’autres Arabes, et l’on ne peut pas
les distinguer les uns des autres.
La tribu de Meslata est d’origine libyenne, de la ville Meslata. Cette tribu
arabe qui a émigré est maintenant considérée comme tribu africaine. La tribu
de Zaghawa compte des milliers de membres en Libye, au Tchad et au Soudan.
Il y a une grande intégration dans la région. On trouve les Rziqat au nord
et au sud du Darfour et l’on ne peut pas distinguer les Arabes des Africains
parmi eux.
La vérité donc est qu’il y a conflit entre les grands sur la scène
internationale, comme Les Etats-unis et la Chine. Chacun veut avoir une plus
grande influence dans la région, surtout là où il y a du pétrole. C’est très
grave.
Le comportement des grandes puissances est immoral et condamnable et
n’inspire pas confiance. Les grandes puissances ont des visées hégémoniques.
Il faut saisir cette vérité.
Ce n’est pas un cas unique au monde. Toutes les puissances impériales comme
l’empire romain, islamique ou Mogol ont eu des visées hégémoniques. Voilà
pour le Darfour.
Vous avez exprimé le voeu de parler du problème du Moyen orient…La question
palestinienne.
De prime abord, vous devez savoir que les Arabes et les juifs sont des
cousins sémites. L’arabe et l’hébreu sont des langues d’une même origine
La Palestine, ce qu’on appelle Palestine ou Israël est leur maison commune.
Les palestiniens et les Israéliens peuvent co-exister sur cette terre. Aucun
d’eux n’a le droit de prétendre que la Palestine, terre entre le fleuve du
Jourdain et la Méditerranée, lui revient ni d’y proclamer de manière
unilatéral un état en en privant l’autre.
Les Arabes ne reconnaissent pas Israël, car les Israéliens ont proclamé
unilatéralement un état sur une terre sujette à conflit.
Aucune des parties n’a le droit de proclamer un état et de lui donner son
nom.
Lorsque la République Chypriote Turque a été proclamée à Chypre, elle n’a
été reconnue que par la Turquie. Les Chypriotes turcs et grecques se
partagent cette terre. Aucune partie n’a le droit de proclamer
unilatéralement un état et lui donner son nom. Aucun pays ne reconnaît cet
état, mais ils reconnaissent Israël malheureusement. C’est une erreur. Il
y’avait déjà erreur en 1948 lorsqu’un état a été proclamé unilatéralement
sur une terre sujette à conflit.
Le fait est que nous sommes en face d’un vrai problème. Cependant, les
solutions préconisées n’aboutiraient à rien. Le problème du Moyen-Orient a
été exploité, c’est le cas pour Darfour actuellement... Chacun a exploité la
tragédie du peuple palestinien ou celle des juifs, avant, pour son propre
intérêt… Chefs d’état et parties l’ont fait.
Les grandes puissances comme L’Union Soviétique, avant, et les Etats-unis au
temps du Pacte de Varsovie et de l’Otan, ont exploité la question du
Moyen-Orient de manière négative. Tout le monde l’a fait pour son propre
intérêt, et non pour celui des palestiniens et des juifs, qui sont en fait
les victimes. Ceux qui meurent sont les palestiniens et les juifs, et non
les Russes, les Américains ou les Français.
C’est une terre à superficie très réduite comme vous savez. Il n’y a pas
plus de 15 kilomètres entre le fleuve du Jourdain et la Méditerranée, et
donc pas suffisamment d’espace pour deux états.
Si un état Palestinien est créé en Cisjordanie, Tel Avive et toutes les
villes côtières seraient à la portée d’un simple fusil-mitrailleur ou un
canon à moyen protée, sans parler de l’aviation. En cas de guerre, cet état
sera scindé en deux de sorte à isoler totalement la Cisjordanie de la Bande
de Gaza. La Cisjordanie longe le fleuve du Jourdain alors que Gaza est au
bord de la mer. Comment donc créer deux états dans une pareille
configuration géographique.
Par ailleurs, un million de palestiniens vivent à l’intérieur d’Israël. Le
taux de croissance démographique parmi les palestiniens est beaucoup plus
élevé que celui des Israéliens. Leur nombre pourra doubler, tripler ou
quadrupler demain. Ça réfute le concept d’un état juif pure. Un million de
palestiniens vivent parmi quatre millions d’israéliens. Les palestiniens
vivent en harmonie et en paix à l’intérieur de ce qu’on appelle Israël.
Voilà un bon exemple pour un seul état.
Mon idée est que la solution réside dans le concept d’un seul état,
indépendamment du nom qu’on lui donne “ISRATINE” ou “PALESTINE”. Il doit y
avoir un seul état où vivent les palestiniens et les Israéliens côte à côte.
L’exemple est déjà là. Un million de palestiniens citoyens d’Israël qui
co-existent avec les Israéliens sans problèmes et sans violence. Les actes
de violence sont commis par des gens qui vivent en dehors de ce qu’on
appelle Israël.
Ce territoire exigu ne peut soutenir deux états, d’où la solution d’un seul
état démocratique. La communauté et l’opinion publique internationales
doivent exercer la pression sur la partie qui prône la discrimination
religieuse, raciale et linguistique…Autant de concepts réactionnaires
appelés à disparaître, et qui ne devraient nullement entraver la paix
durable entre les palestiniens et les Israéliens.
Depuis la nuit des temps, les juifs et les Arabes ont toujours vécu
ensemble. Au quinzième siècle, les juifs furent chassés, aux cotés des
maures, de l’Andalousie et se sont réfugiés dans des pays arabes. Après que
les Romains détruirent Jérusalem en l’an 72, les juifs se réfugièrent dans
la péninsule Arabique où ils ont été protégés par les Arabes.
Les Arabes ont protégé les Juifs contre la répression de Romains et de la
persécution des Chrétiens suite à l’invasion de l’Andalousie. Les Arabes et
les Juifs sont cousins. Le Prophète Ibrahim - paix soit sur lui- a donné
naissance à Ismail, l’ancêtre des Arabes et Isaac, l’ancêtre des Juifs.
Isaac est le père de Jacob connu sous le nom d’Israël et dont l’état actuel
d’Israël porte le nom. On peut constater le degré de parenté entre les
Arabes et les juifs.
En fait, ce sont les forces extérieures qui ont attisé et exacerbé
l’animosité entre eux pour servir leurs propres intérêts. Ils doivent et
peuvent co-exister à nouveau.
J’ai écrit un Livre Blanc. Je crois qu’il a été traduit en Anglais. Le terme
“Isratine” est une combinaison d “Israël” et de “Palestine”. J’espère que
vous en avez une copie. Ce livre préconise la création d’un seul état
démocratique. Les Nations Unies peuvent superviser la tenue des premières
élections. Peu importe que le président soit juif ou palestinien musulman ou
chrétien, du moment qu’il est choisi par le peuple. Il y a des parties en
Israël- et même un parti arabe et des députés arabes à la Knesset. Il y a
déjà une assise sur laquelle se baser.
En cisjordanien et la Bande de Gaza, il y a un véritable brassage de
population. Les usines israéliennes emploient des ouvriers palestiniens de
Cisjordanie et de Gaza. Elles dépendent de la force ouvrière palestinienne.
En contrepartie, les palestiniens dépendent des biens et produits
israéliens, d’où l’interdépendance entre les deux économies. Il existe aussi
des affinités culturelles entre les palestiniens et les Israéliens.
C’est pour toutes ces raisons que j’appelle à la création d’un seul état
comme solution au conflit, avec comme conditions:
- Le droit de retour des réfugie expulsés en 1948 et 1967 doit être
garantie. Ils doivent retrouver, en toute sécurité, leurs maisons et leur
terre.
- Cet état doit être exempt des armes de destruction massive. Aucun état
dans la région ne doit acquérir de telles armes, quel qu’en soit le
Président :“Yasser Arafat” ou “Mahmoud Abbas”.
Voilà pour la Palestine. Je vous invite à lire le Livre Blanc que j’ai écrit
“Isratine White book”.
Venons en maintenant à la réforme des Nations Unies et ce que j’en pense.
Il y a un souhait de reformer les Nations Unies. Cependant, la réforme du
Conseil de Sécurité et son élargissement, dans sa composante permanente et
non permanente, a été un sujet de discussion des années durant. Mais c’est
surtout une réforme générale des Nations Unies qui s’impose.
Les Nations Unies ne se composent pas uniquement du Conseil de Sécurité.
Elles comportent également l’Assemblée Générale, la Cour Internationale de
Justice, le Conseil Economique et Social, le Conseil de Tutelle, l’Unesco,
l’Unicef et beaucoup d’autres organisations.
La situation actuelle est non démocratique, illégitime et injuste. Le monde
doit changer.
Cette situation de dictature ne sert pas la paix. Au contraire, elle met la
paix en péril et expose le monde aux dangers du terrorisme.
Le soi-disant conseil de sécurité n’est nullement un conseil de sécurité.
C’est un conseil de terrorisme. Il a dépourvu les nations unies de ses
prérogatives. Ce conseil restreint, contrôlé par les cinq états qui
jouissent du droit de veto, agit au nom du monde entier. D’où le manque de
confiance des petits états à l’égard de ce conseil et des Nations Unis. Les
penseurs, les intellectuels, les philosophes ainsi que des gens comme vous
partagent cet avis, à savoir que le Conseil de Sécurité n’inspire pas
confiance. Ils ne sont pas, non plus, satisfaits de la situation des Nations
Unies.
J’en veux pour preuve les invasions de l’Iraq, de l’Afghanistan et de la
Yougoslavie avec toute la destruction qui s’en est suivie, sous les yeux des
Nations unies et du Conseil de Sécurité. Pourquoi le Conseil n’invoque-t-il
pas le Chapitre VII contre les Etats-unis ou le Royaume Uni lorsque ces deux
pays ont attaqué l’Iraq sans raison. La réponse est simple : le droit de
veto. Ce n’est donc pas un Conseil de sécurité international, mais un
conseil privé.
Nous réclamons la réforme des Nations Unies afin de la rendre démocratique.
L’Assemblée Générale est le parlement du monde, son organe législatif qui
devrait avoir le pouvoir de légiférer et décider. Le Conseil, lui, devrait
jouer le rôle de l’organe exécutif de l’Assemblée et mettre en œuvre les
décisions prises par le législateur.
Est-il concevable que le gouvernement Britannique, par exemple, prenne des
décisions et demande au Parlement de les exécuter ? C’est le Parlement qui
promulgue les lois, et en laisse le rôle de l’application au gouvernement.
Ce qui se passe aux Nations Unies, c’est que le ‘gouvernement’ (le Conseil
de Sécurité) adopte des décisions et des lois et demande au ‘parlement’
(l’Assemblée Générale) de les mettre en œuvre. La Charrue avant le bœuf en
somme. C’est le contraire qui aurait dû se passer.
Toutes les nations sont représentées au sein de l’Assemblée générale des
Nations Unies. Ces nations qui se sont réunies pour créer l’Organisation
siégent toutes à l’Assemblée. Celle-ci devrait normalement avoir toutes les
prérogatives car elle est démocratique. Si l’Assemblée décide d’imposer un
blocus ou de sanctionner un état, celui-ci doit se soumettre à la décision.
Car c’est une décision prise par toute la communauté internationale…Cinq,
deux ou un pays imposent leur volonté aux autres dans le Conseil de sécurité
et invoquent la légitimité et la légalité. Ça n’a rien à voir avec la
légalité, c’est une injustice qui doit s’arrêter.
La réforme consiste donc à transférer les compétences du Conseil de sécurité
à l’Assemblée générale. C’est l’Assemblée qui doit agir en vertu du Chapitre
VII et adopter des décisions contraignantes. Le Conseil devrait se charger
de leur application.
Si la situation actuelle perdure, nous allons droit à la catastrophe.
Certains pays seraient tentés de quitter les Nations Unies pour créer une
assemblée pour les mécontents de la situation, entraînant, par la même,
l’effondrement de ce mécanisme universel.
Les organes créés par la communauté internationale sont dépassés. Une
nouvelle charte a été créée sur la base de précédents. Cette nouvelle charte
se distingue par sa tendance à favoriser l’injustice, l’oppression et
l’agression. La Charte actuelle interdit le recours à la force ou même la
menace de recourir à la force. Cependant, cette menace est brandie et
utilisée contre tout le monde et sous divers justificatifs. Ce qui rend
Cette Charte caduc.
Ces précédents ont été appliqués sur la Libye, Panama, La Yougoslavie,
l’Iraq et l’Afghanistan, et d’autres encore à l’avenir. Ils constituent une
nouvelle charte non écrite, qui autorise l’usage de la force, et impose la
loi du plus fort.
Nous, nous voulons la force de la loi internationale. Mais ce que nous
avons, c’est la loi de la force internationale, qui a la suprématie.
Personne parmi nous ne voudrait vraiment croire en le sérieux de ces grandes
puissances dominantes lorsqu’elles parlent de la liberté, de la démocratie
et les droits de l’homme.
La démocratie doit d’abord s’appliquer au plus hauts organes du monde:
l’Assemblée Générale et le Conseil de Sécurité.
J’ai traité de la question de la démocratie dans le Livre Vert, que vous
avez certainement en anglais. Vous pouvez le lire ou pas… Je ne l’ai pas
inventé…J’y ai juste consigné les expériences du monde. J’ai lu l’histoire
et j’ai réfléchi sur les causes internes et externes des guerres et des
tragédies, ainsi que les motifs du bonheur et les raisons des malheurs.
Le terme démocratie est un terme arabe composé de: “Demo” qui veut dire
peuple et “Cratie” qui veut dire chaise. Le peuple qui occupe les sieges.
C’est un terme arabe qui est emprunté tel quel par toutes les langues. Si
nous voulons vraiment l’appliquer, il faut laisser le peuple occuper les
sièges.
Seul le peuple a le droit de promulguer les lois et les législations et
établir le système de son choix. Le peuple est souverain. Il ne faut pas
enlever cette souveraineté au peuple pour la confier à une poignée de gens
qu’on appelle communément gouvernement ou Parlement.
Bien sûr, le concept de représentation a induit le peuple en erreur. Ce
concept implique la représentation du peuple…Le peuple ne saurait être
représenté…La représentation est une farce…Pourquoi représenter le peuple
alors qu’il est présent…Qui peut rêver à notre place, à la place du
peuple…Qui est habilité à porter nos aspirations…Il n’y a pas de
représentation dans les rêves, les espoirs et les aspirations…C’est
personnel.
Les gens doivent gérer leur vie dans les domaines politique, économique et
sociale. Comment choisir une personne parmi 20000, 100000 ou un million et
lui ordonner de les représenter. Le peuple se compte par millions, et ses
représentants par dizaines ou par centaines. C’est un exercice erroné.
Comment une personne peut-elle représenter ces milliers de gens. Qui nous
prouvent qu’ils l’acceptent comme leur représentant. Cette personne ne
représente qu’elle-même…Vous pouvez remarquer que les parlementaires en
Grande-Bretagne soutiennent une certaine politique alors que les gens
manifestent contre elle dans les rues…Si les parlementaires représentent le
peuple, pourquoi doit-il manifester. Aux Etats-unis, le peuple est contre la
guerre en Iraq, alors que le Congrès l’a approuvée …Il est clair que ce
Congrès ne représente pas le peuple.
Le peuple américain veut un retrait des troupes américaines d’Iraq…Le
gouvernement insiste pour les garder là-bas…Le Congrès n’a pas pris de
décision concernant le retrait…Il y a une fosse entre le peuple et les
parlementaires…La représentation est par conséquent une farce…Il est dit
dans le Livre Vert : Point de représentation pour le peuple. La
représentation est une farce. La démocratie, c’est l’autorité du peuple.
L’autorité du peuple implique des congrès populaires et des comités
populaires. Les congrès populaires impliquent la participation de tous les
adultes, hommes et femmes.
Le peuple Libyen est divisé en 30 mille communes, de 100 hommes et femmes
chacune. Ce qui nous donne 3 millions de personnes capables d’exercer le
pouvoir en Libye. Ne restent que les enfants et les personnes âgés. Trois
millions de personnes capables de participer aux congrès populaires, de
contribuer aux discussions et aptes à assumer la responsabilité.
Ces trois millions s’organisent en 30000 communes de 100 personnes chacune.
Ces communes se réunissent chaque année pour élaborer des plans d’action et
décider de la politique interne et externe à suivre.
L’exercice de la démocratie ne peut se faire qu’à travers les congrès et les
comités populaires. Point de démocratie en dehors des congrès du peuple. Les
comités et les congrès doivent engager la population entière. Voilà les
seuls slogans authentiques et durables.
J’ai ainsi pratiquement couvert toutes les questions que vous m’avez demandé
de traiter. J’espère que ce genre de rencontres se répétera, afin de
discuter des questions d’actualité ou de sujets de votre choix. Enfin, je me
tiens à votre disposition pour répondre à vos questions ou demandes
d’éclaircissements.
Première question sur les relations extérieures libyennes, posée par Michael
; docteur en droit :
Merci Excellence pour avoir jeté la lumière sur les relations extérieures de
votre pays. J’ai eu l’honneur d’avoir dirigé un groupe de 25 étudiants de
Cambridge pour partager les festivités organisées au mois de Février et Mars
de l’année dernière. Nous avons passé d’agréables moments dans votre pays et
avons tenu des discussions intenses sur les récents développements dans les
relations extérieures de la Libye. Dans ma thèse, j’ai mis l’accent sur les
relations de votre pays avec les Etats-unis, surtout durant la dernière et
la présente décennies. Les déclarations des deux parties étaient plutôt
optimistes quant à l’amélioration de ces relations. Il semble qu’une vraie
volonté anime les deux parties dans ce sens, ce qui se reflète dans les
citations suivantes :
Dick Cheney, le Vice-président américain avait déclaré que les Américains
ont renversé le gouvernement Iraquien et capturé et emprisonné Saddam
Hussein, mettant fin à son régime. Il a ajouté que le Guide libyen Kadhafi
surveillait de près la situation en Iraq et en Afghanistan. Cinq jours après
la capture de Saddam Hussein, Kadhafi déclare publiquement qu’il renonce au
programme d’armes de destruction massive, avec l’approbation et
l’assentiment de son fils Seif Al Islam Kadhafi.
Je cite : La Libye a commis une faute en entreprenant cette action avec les
Etats-unis. Elle a fait preuve de faiblesse politique…Cependant la Libye
exprime sa satisfaction et sa tranquillité car elle a pu sortir du cercle
des tensions politiques.
Pourrez-vous excellence nous éclairer sur les motifs de cette démarche qui a
amélioré les relations entre la Libye et les Etats-Unis ? Où en sont ces
relations et quel avenir pour elles ?
Le Guide:
Je vous remercie Dr Michael pour votre question et pour avoir participé aux
célébrations du peuple libyen. Il va sans dire que chacun utilise un
événement à son profit, sans toutefois préjuger des attitudes des autres,
afin de ne pas semer le doute quant aux intentions réelles.
Pourquoi Mr. Cheney n’a pas fait ces déclarations avant que la Libye ne
prenne cette décision historique ? Pourquoi n’a-il pas déclaré avant qu’ils
allaient obliger la Libye à renoncer à son programme nucléaire dans un délai
de cinq mois ? Pourquoi n’a-il pas donné de détails sur les actions qu’ils
ont entreprises en Iraq ?
Il ne l’aurait pas pu car il n’aurait pas dit la vérité. Il a fait ses
déclarations après que nous eûmes pris la décision, qu’il a interprétée à sa
manière. Même le Président Américain a reconnu que les pourparlers avec la
Libye avaient duré neuf mois avant d’atteindre une décision. Nous avons
discuté discrètement durant neuf mois avec les grandes puissances et
l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur le démantèlement de notre
programme nucléaire.
C’était avant l’invasion de l’Iraq et le renversement de Saddam.
Si on avait peur des Etats-Unis, on n’aurait pas continué notre programme
pendant trente ans, y compris sous la présidence de Ronald Reagan. C’était
un homme fou atteint d’Alzheimer. On les avait prévenus contre les
comportements de ce monsieur, mais ils ne nous avaient pas pris au sérieux.
Enfin, ils ont reconnu qu’il était fou et malade et qu’il se comportait
comme tel.
Nous n’avons pas eu peur de Reagan alors même qu’il mobilisait son armada
sur nos eaux territoriales et nos frontières terrestres. Nous avons continué
notre programme avec conviction. L’acquisition des armes de destruction
massive était d’actualité, et tout le monde cherchait à se doter d’armes
nucléaires sans vraiment en réaliser la portée et les conséquences.
L’existence du programme a été découverte par la suite. Certains équipements
ont été saisis. Les services secrets américains nous ont présentés des
enregistrements de savants en nucléaire connus dans le monde, qui prouve
qu’ils sont au courant. Les Américains ont ensuite discuté avec nous, par le
truchement de mon ami Tony Blair qui m’a envoyé plusieurs émissaires qui
m’ont informé de la saisie d’équipements et surtout des centrifugeuses.
Nous nous sommes rendu compte qu’il est impossible de continuer le programme
au niveau scientifique, sans parler de son coût exorbitant.
On s’est également posé des questions sur l’utilité d’une bombe nucléaire.
Certains prétendent que la Libye veut acquérir une bombe nucléaire pour
l’utiliser contre Israël. Nous leur disons qu’il y a un million de
palestiniens en ce qu’on appelle Israël. Est-il logique qu’on lance une
bombe atomique sur un million de palestiniens et trois millions de juifs. En
plus, Gaza, la Cisjordanie, la Syrie, le Liban et la Jordanie ne seront pas
épargnés en cas de frappe nucléaire de notre part. Ni même l’Egypte et toute
la région. La Libye ne peut, en aucun cas, avoir recours au nucléaire dans
la région.
Est pourquoi attaquerons-nous l’Europe au nucléaire? L’Europe n’est plus le
continent colonialiste d’antan. L’Europe est devenu une amie et coopère avec
nous. Nous sommes entrains de construire une coopération stratégique entre
l’Union Européenne et l’Union Africaine dans les domaines de commerce, des
investissements, de l’environnement. Nous envisageons également de faire du
pourtour méditerranéen une région de contacts et de partenariats commerciaux
et autres.
L’Europe n’est plus celle de Mussolini et Hitler…Il est donc exclut pour
toute personne sensé de penser à une frappe nucléaire contre l’Europe à
partir de la Libye. L’Europe est un ensemble de pays amis.
Allons nous donc utiliser la bombe contre les Etats-unis?
L’utilisation de la bombe atomique contre ce pays nécessite une logistique
de transport et de protection jusqu’au largage. Une tâche presque impossible
pour un pays comme la Libye…Est-il logique de lancer une ou même dix bombes
atomiques libyennes contre les Etats-unis, alors que ceux-ci disposent de
milliers de têtes nucléaires. Seul un fou peut avoir l’idée d’attaquer au
nucléaire les Etats-unis, la Russie ou la Chine qui possèdent des centaines,
sinon des milliers de bombes atomiques.
Aurons-nous recours à la bombe atomique contre l’Afrique? C’est notre
continent, le berceau de notre union que nous construisons petit à petit.
Après avoir entrepris une évaluation de la situation internationale, nous
nous sommes rendu compte que l’idée de développer un programme nucléaire
était tout simplement une mode de l’époque, qui n’a pas fait long feu.
Le Pakistan a construit sa bombe, à cause de l’Inde. Ce qui est logique. Il
était également normal pour l’Inde d’acquérir une arme nucléaire à cause du
Pakistan. Il devait y avoir un équilibre entre les deux états.
Les programmes d’armes de destruction massive, nucléaire, microbiologique ou
chimique posent de graves menaces, et nous espérons leur démantèlement, mais
dans le monde entier. Nous ne craignons que Dieu. Les interprétations du
sieur “Dick Cheney” ne regardent que lui. Les analyses de “Ronald Reagan”
également lui étaient propres. J’espère seulement que “Cheney” ne soit pas
aussi malade que Reagan. Je lui souhaite une bonne santé. Je sais qu’il a
subi cinq interventions chirurgicales cardiaques. J’espère que ces
déclarations ne sont pas dictées par son état psychique.
Supposons même que Cheney ait raison. Il est tout à fait sage pour un petit
pays de cinq millions d’habitants comme la Libye d’éviter la confrontation
avec une grande puissance comme les Etats-unis qui possèdent des dizaines de
milliers de bombes atomiques, de missiles intercontinentaux, de porte-avions
et de sous-marins nucléaires. Où est donc le problème.
C’est une preuve de sagesse et de courage. Il vaut mieux agir de son propre
grès et en connaissance de cause que d’y être obligé.
Autre question: Vous avez déclaré camarade Guide que vous oeuvrez pour faire
de l’Union Africaine des Etats Unis d’Afrique. Croyez vous que c’est
faisable durant les dix années à venir?
Le Guide: Merci. Oui c’est possible. Pourquoi pas. Nous sommes des Africains
en premier lieu, et nous nous inspirons de l’expérience européenne. Ce
continent se compose de nations qui, il n’y a pas si longtemps, se livraient
des guerres terribles et destructrices. Des millions d’européens ont péri
durant les première et seconde guerres mondiales, la guerre des trente ans
et celle des sept ans.
Malgré toutes ces guerres, l’Europe a vu que son avenir réside dans l’union,
et a commencé à construire cette union. C’est un exemple pour nous autres
Africains.
L’Afrique n’est pas constituée de nations qui se font la guerre. C’est une
seule nation noire de plus de mille tribus. Nous sommes les enfants du même
continent et nous formons un groupe homogène de même couleur; différente de
celle des autres nations. Les exigences de notre ère de mondialisation font
qu’aucun état -nation ne peut survivre seul.
Si de grands pays comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni ou l’Italie
ne peuvent survivre qu’au sein de l’Union Européenne, que dire de petits
états africains. Il n’y a pas d’avenir pour eux en dehors d’une unité
africaine, qu’elle soit sous forme d’une union ou d’États-Unis. Une fois cet
objectif atteint, nous aurons accompli notre mission. Merci
Question: Nous vous remercions pour le temps que vous nous avez consacrés.
Cette question Guide vous est posée de la section arabe de la BBC. L’Union
Africaine a entamé sa marche sure vers les Etats Unis Africains…Nous sommes
également intéressés par une union arabe. Dans ce contexte, nous saluons
votre courage, votre sagesse et votre volonté d’oeuvrer pour une telle
union.
Le Guide: C’est beaucoup plus une proposition qu’une question. Concernant
l’unité arabe, l’humanité est passée par différentes ères. L’ère des
religions, puis celle des nations, ensuite l’ère de la démographie et enfin
celle du matérialisme.
Durant la première, des unités de religion se forment sans égard aux
communautés ou aux langues. C’est le cas de l’empire Islamique, de l’empire
Romain, Ottoman ou Abbasside….
L’ère des nations a vu la création de l’unité Italienne, Allemande, Turque,
Iranienne et Chinoise.
Malheureusement, ces ères sont révolues sans que les Arabes aient pu
constituer leur unité religieuse ou communautaire.
Nous entrons maintenant dans une autre ère, celle de la démographie, de la
mondialisation et du matérialisme. L’ère de l’unité des intérêts. Il est
donc difficile de parler d’une union entre la Libye et l’Iraq ou entre la
Syrie et Marrakech (Maroc). La Libye et Marrakech font partie de l’Afrique
et ce continent marche vers l’union.
Il n’y a pas lieu de parler d’une union, pour nous, en dehors de l’Afrique.
De même qu’on ne peut parler d’une union entre l’Union Européenne et la
Nouvelle-Zélande ou L’Australie par exemple. La géographie impose aux
Européens de s’unir au sein de leur région. Les autres régions doivent le
faire dans leurs limites géographiques.
Nous avons L’ASEAN (L’association des nations du sud-est asiatique), Le
Commonwealth des Etats Indépendants, formé par les pays de l’ex-Urss,
l’Union Africaine et l’Union Européenne, les Etats-Unis. Les pays d’Amérique
Latine essaient de s’unir également.
Le monde est ainsi partagé en sept ou dix grands rassemblements, espaces ou
unions qui se transformeront en grands états à l’avenir.
Même le nombre de monnaies se réduiraient à sept ou dix monnaies. Il en
serait de même pour le nombre des banques centrales. Il est difficile de nos
jours de parler d’une unité nationale arabe, dans le cadre de ces grands
espaces. Lequel d’entre eux vont-ils intégrer? J’ai entrepris un périple
dans les états arabes et je les ai invités à se joindre à l’Union Africaine,
dans le cadre d’une union arabo-africaine, qui intégrerait tous les Arabes
dans une seule union avec l’Afrique.
Le tiers des Arabes est africain. Un autre tiers se trouve dans la péninsule
Arabique, au Golf et en Mésopotamie. Telle est la situation aujourd’hui. Les
Arabes n’ont d’autre choix que de se joindre aux Africains. Il n’est plus
question d’une unité nationale ou religieuse à notre époque. Ce genre
d’union est dépassé.
La monnaie courante aujourd’hui est celle des grands espaces, des unités
démographiques et celles des communautés d’intérêts.
Question: Vous avez fait face, avec beaucoup de courage, aux dictatures en
appelant à un monde libre qui sert les intérêts de tous. Quel est votre avis
concernant la question iraquienne et les comportements des Etats Unis dans
ce pays?
Le Guide: Tout le monde est au courant de ce qui se passe en Iraq, et s’est
fait une idée dessus. Il n’y a pas d’autres solutions que de faire réparer
la faute commise. L’invasion de l’Iraq est une faute. Même les Etats-unis et
le Royaume-Uni l’ont reconnu. Ils prétendaient avoir des informations
concernant l’existence d’armes de destruction massive en Iraq. Le pays a été
inspecté, attaqué et détruit. Mais ils n’ont trouvé aucune trace de ses
armes. Ils ont exprimé leurs regrets et ont reconnu leur faute.
C’est déplorable. Détruire tout un pays et égorger un peuple sur la base de
rumeurs ou d’informations mensongères. Il est très périlleux pour de grands
pays, membres permanents du Conseil de Sécurité de se comporter de cette
façon. Détruire un pays sur la base de mensonges colportés par un fugitif,
ne peut que préoccuper les peuples et interpeller la conscience du monde,
qui ne peut se sentir tranquille à l’égard de tels agissements.
Cette faute qui a été reconnue par ceux qui l’ont commise doit être réparée,
par le retrait d’Iraq pour laisser les Iraquiens gérer leurs affaires.
Merci.
Le Coordonnateur de L’Union des Etudiants de Cambridge: je vous remercie
Guide pour votre participation et pour nous avoirs honorés de votre
présence.
Le Guide: Merci et à la prochaine.
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